Ensemble bâtissons une société plus inclusive

Dans le but de réduire les obstacles à l’intégration sociale des personnes vivant avec un handicap, le CIUSSS du Saguenay–Lac-Saint-Jean s’est engagé à identifier les obstacles à l’intégration ainsi que les divers moyens à mettre en œuvre pour les surmonter. Dans le cadre de la 23e Semaine québécoise des personnes handicapées, le CIUSSS profite de l’occasion pour souligner le travail qui a été fait en ce sens depuis les deux dernières années.

Depuis deux ans, un budget de 516 000 $ a été alloué aux différents projets émanant du Plan d’action à l’égard des personnes handicapées. Parmi ceux-ci, notons l’ajout d’une rampe d’accès à la Maison de naissance du Fjord-au-Lac. Aussi, des systèmes de portes automatiques avec bouton poussoir ont été installés à certains endroits comme à l’entrée du service des prélèvements de l’Hôpital de Chicoutimi. Afin d’adapter l’accès aux commodités de base (toilettes, accueil, poste de sécurité, téléphones publics, guérites de paiement de stationnement, etc.), le CIUSSS a effectué cette année la modification du bureau d’accueil de l’Hôpital de Dolbeau-Mistassini.


Témoignage

M. Gilles Gauthier, patient-ressource et patient-coach, est très impliqué depuis plusieurs années dans cette cause qui lui tient à cœur, celle de l’accessibilité pour les personnes handicapées. Dans le cadre de la 23e Semaine québécoise des personnes handicapées qui se déroulait la semaine dernière, M. Gauthier a partagé un texte dans le carrefour des lecteurs du Journal Le Quotidien sur les transitions et l’importance d’être bien accompagné afin de faciliter le changement. Dans son cas à lui, il est question de délaisser son fauteuil roulant manuel pour un fauteuil motorisé.

 

« LE » changement

Dans le cadre de la semaine des personnes handicapées, je souhaite profiter de l’occasion pour sensibiliser la population sur l’importance des transitions. En effet, même si je vis depuis presque toujours des situations de handicap, j’ai vécu l’an dernier une transition que j’avais moi-même sous-estimée. Voilà un bout de mon histoire…

En 2017, j’ai bénéficié de services de physiothérapie au Centre de réadaptation en déficience physique Le Parcours. L’équipe de professionnels m’a alors recommandé de cesser l’utilisation de ma canne et de mon fauteuil roulant manuel pour mes déplacements sur de longues distances. Le fauteuil roulant motorisé s’est donc imposé. Ce nouvel équipement a impliqué d’importants changements comme l’adaptation de mon domicile et de mon véhicule. Pour que tout ceci se réalise, j’ai dû échanger avec plusieurs professionnels et de nombreux organismes tels que le centre de réadaptation, le CLSC, Ville de Saguenay, la Société d’habitation du Québec (SHQ), la Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ) et bien d’autres.

Ma première sortie

Une fois les travaux de construction terminés et la fourgonnette adaptée livrée, il faut apprivoiser le tout et faire une première sortie.

Quinze minutes ont été nécessaires pour m’asseoir dans le fauteuil motorisé, descendre la plateforme élévatrice au niveau du sol, déployer la rampe de la fourgonnette, accéder de reculons au véhicule avec mon fauteuil motorisé et finalement transférer au siège motorisé du conducteur qui m’approche du volant.

J’ai retranché deux minutes étant donné que la rampe d’accès avait refusé de fonctionner. J’ai dû réfléchir… Ah! Le moteur tourne! J’avais utilisé le démarreur à distance et les systèmes d’adaptation du véhicule ne fonctionnent pas si le moteur tourne. Bordel, je suis gelé!

Ma deuxième sortie

Cette seconde fois fut une expérience. Il était tombé un petit deux pouces de neige. On vit au Québec, il faut se le rappeler! J’allais faire une commission. J’avais fait tout le processus pour accéder à ma fourgonnette, mais au moment de faire marche arrière avec mon fauteuil motorisé pour monter la rampe du véhicule les roues du fauteuil « viraient de t’sour.» « Simonac! » J’ai «zigonné» pendant cinq minutes pour me déprendre du deux pouces de neige. Y’en a pas eu de commission!

Honnêtement, je n’avais pas vu venir tous les impacts de ce nouveau jouet dans la réalisation de mes habitudes de vie. Tout ceci m’a causé beaucoup de frustrations et de stress. Avec le temps et l’expérience, je prévois différemment mes sorties et je connais maintenant plus de réussites.

Il faut cependant être juste. J’ai eu du plaisir l’été dernier à me promener dans le quartier sous les chauds rayons du soleil. En général, mes déplacements sont plus rapides et moins épuisants

Je sais que, des fois, il faut être confronté à la situation pour bien la mesurer. Donc j’imagine que peu importe la préparation que j’ai eue – ou pourrait avoir eu -, j’aurais vécu un choc. Je me questionne souvent sur ce qui aurait pu être fait différemment pour aider à cette transition. Peut-être que d’avoir été jumelé à une personne qui utilise quotidiennement un fauteuil roulant motorisé aurait pu m’aider à me préparer différemment. Mon expérience m’a permis de voir à quel point l’accompagnement est important dans un processus de transition. Que ce soit une hémodialyse avec un besoin de se déplacer à Chicoutimi trois fois semaines, une amputation de la main, un nouveau-né atteint d’une maladie, un diabète difficile à gérer, une surdité, la perte du permis de conduire à cause d’un problème de vision, un nouveau fauteuil roulant, toutes ces situations nécessitent un accompagnement afin de faciliter le changement. Je nomme ça, pas parce que je pense que les intervenants qui ont travaillé avec moi ne l’ont pas fait, mais bien pour que tout le monde le fasse mieux… et différemment. C’est important… ça peut faire une différence.

Bonne réflexion à tous!

Gilles Gauthier
Patient-ressource et patient-coach
au CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean

 

Accédez ici à la documentation en lien avec le Plan d’action à l’égard des personnes handicapées et le comité-conseil en aménagement urbain